22 avr. 2015

Yangon - Birmanie #1




Pour Chinese New Year (le nouvel an chinois), je suis partie en Birmanie. Nous y avions été, en famille, à la même période, il y a 12 ans !  C'est un des voyages qui m'avait le plus marqué et j'avais très envie d'y retourner. Je voulais savoir si les choses avaient changé, si j'allais me souvenir des lieux et des villes que j'avais déjà visités. 

Premier stop, Yangon, l'ancienne capitale, détrônée en 2005 par Naypidaw (ville quasiment inconnue au bataillon mais qui permet à la junte de mener ses petites affaires sans être vraiment dérangée).
Première impression en sortant de l’aéroport : il y a de la poussière partout. L’air est sec, et tout est gris, les bâtiments, la route et même les arbres sont couverts de poussière.  

Arrivée vers midi, nous avons prévu de passer une journée et demie à Yangon. Après avoir déposé nos affaires à l'hôtel, première balade.  Yangon a des airs de Cuba (bien que je ne sois jamais allée à Cuba et j'attends le compte rendu de C. avec impatience). Une ville coloniale mais laissée à l'abandon depuis de nombreuses années. Les murs des bâtiments sont noirs, la peinture s'effrite,  il y a des fils électriques dans tous les sens, voire des plantes qui poussent de - ci de - là. Il souffle un air de nonchalance, qui ne va pas nous quitter du voyage.

Passage obligé par la pagode Shwedagon (prononcer Ch-oué-da-gonde), la plus grande pagode de Yangon où des milliers de touristes et de fidèles se pressent tous les jours. Pour accéder à l’esplanade centrale il faut emprunter un immense escalier dont les murs, le sol et le plafond sont en bois. Puis l’on passe dans un tout autre décor fait de marbre et d’or, en plein soleil, plutôt éblouissant. Un gigantesque stûpa nous fait face, entouré d’une forêt de pagodons, clochetons, templions (promis je n’invente pas ces mots), pics et petites stûpas de toutes formes. Le stûpa central mesure 98 m et est entièrement recouvert d’or (le bulbe est recouvert de pas moins de 700 kgs d’or). La girouette au sommet, placée sur une tige de 4m, fait elle-même 1.30m et est incrustée de 2400 pierres précieuses. C’est assez difficile à voir depuis notre point d’observation, mais d’après le guide c’est bien le cas …  2400 pierres précieuses, c’est hallucinant !
Un Birman bien attentionné (comprendre qui essaye de nous demander un pourboire sans en avoir l’air) nous explique que les huit jours de la semaine (le mercredi compte pour deux, mercredi matin et mercredi soir) sont représentés par huit statues placées autour du stûpa central. Les fidèles viennent arroser la statue correspondant à leur jour de naissance afin d’être protégée par celle – ci. Je vais donc arroser la statue du dimanche qui est un phénix (garuda c’est moins joli).  
Autour de nous règne un joyeux bazar entre les fidèles venus prier, ceux venus observer la foule, ceux venus se balader en famille et les touristes le nez en l'air.
Je nous y vois, il y a 12 ans, rien n’a changé finalement !

Visite d’une seconde Pagode au coucher du soleil, la Sule Pagoda, en centre-ville. Les couleurs sont irréelles entre le doré de la pagode et le violet du ciel. 


Le deuxième jour, nous prenons le temps de nous promener dans la ville, notamment "downtown" près de la rivière et des docks.
Un petit tour par le marché, où nous avions acheté, il y a 12 ans, des tongs en pneu. Celui - ci est plein de touristes et hormis les tongs (toujours en vente), il y a peu de choses intéressantes à ramener.

Je décide d'aller visiter le musée des pierres précieuses, grosse déception quand on sait que la Birmanie est l'un des premiers pays extracteurs de pierres précieuses. Un seul étage est consacré au musée, les pièces sont exposées dans des caissons poussiéreux et leur éclat bien fade.  Les trois autres étages ne sont que des échoppes tenues par des chinois ! Interdiction de prendre des photos.
Pour terminer la journée, nous allons nous balader autour du lac Inya. Lac où est située la maison d'Aung Saung Suu Kyi. Une partie du lac n'est pas accessible car réservée à un camp militaire.  Heureusement que ceux-ci ne sont pas trop agressifs car il nous a fallu une bonne dizaine de minutes avant de comprendre que l'accès nous était interdit. Pour ma défense, les panneaux indiquaient "curfew" sans préciser les horaires.

La maison d'Aung Sang Suu Kyi est de l'autre côté du lac, protégée comme une véritable forteresse. On ne voit rien depuis l'extérieur. Je guette les voitures qui passent devant la maison mais ce ne sont que des touristes curieux comme moi. Une petite photo souvenir pour montrer que je suis bien venue.

Le soir, il est déjà l'heure de prendre le bus pour aller à Bagan, 2ème étape de notre séjour. 


 
   
 Textes et photos - Moi. Tous droits réservés Marine se balade.

15 avr. 2015

Le Rinjani





 3 jours de trek au Rinjani - weekend de Paques 2015

Je n'avais pas vraiment réalisé que le weekend dernier c'était déjà Paques, et que j'aurais pu rester calmement à chercher des poules en chocolat sur ma terrasse ... non, au lieu de cela je suis partie faire 3 jours de trek en Indonésie. Et je dois dire que je ne le regrette pas, mes genoux peut être un peu :) 

Avec trois amis nous avons décidé d’aller faire l’ascension du Mont Rinjani. C’est un volcan  situé sur l’ile de Lombok (à l’est de Bali – j’espère ne pas vous avoir déjà perdu), qui fait partie des 150 volcans d’Indonésie et dont la dernière éruption remonte à 2004. Son sommet culmine à 3726m. Cette dernière information a de l’importance, car monter / descendre, c’est ce que nous avons fait tout le weekend !!

Départ de Singapour le jeudi après-midi, nous avons pris un premier avion jusqu’à Jakarta, puis un avion jusqu’à Lombok, pour finir avec deux heures de route jusqu’à notre hôtel. Arrivée vers minuit, pour un réveil à 6h … j’ai déjà fait mieux en termes de nuit reposante. Mais j’étais tellement contente de pouvoir faire ce trek que cela n’était finalement pas grave. 

1er JOUR 

Réveil à l’aube, nous faisons la connaissance de notre guide, ADI. Nous avons aussi 4 porteurs à notre disposition. Ils prennent avec eux toute la nourriture et le matériel nécessaires pour les trois jours de trek.
Apres nous être enregistrés au « Rinjani trek center », l’ascension peut commencer. La matinée, nous marchons au soleil sur un terrain relativement plat. Il fait chaud mais rien de difficile. Pause déjeuner. Puis nous repartons, le terrain devient plus pentu et il faut faire plus de pauses. Nous nous enfonçons dans la jungle et dans les nuages, ce qui permet de profiter d’un peu d’air frais … voire même de devoir sortir les k-ways. C’est agréable ! 

Si cela peut vous rassurer, nous ne sommes pas seuls perdus dans la jungle au milieu de l’Indonésie. Il y  a au moins une centaine d’autres touristes avec nous, et autant de guides et de porteurs. L’ambiance est plutôt bonne enfant, tout le monde s’encourage. 

Le campement pour le soir est à 2600 m (et des brouettes) d’altitude, tout le monde dort au même endroit. C’est très drôle de voir tout cet alignement de tentes, toujours plus nombreuses au fur et à mesure que la nuit approche. Nous sommes littéralement la tête dans les nuages.
Premier soir extinction des feux à 20h.




2ème JOUR

La deuxième journée commence à 2h du matin (oui oui en pleine nuit) pour l’ascension finale du Rinjani. Le sommet est à 3726m, et il faut « essayer » de l’atteindre avant le lever du Soleil. La nuit est calme, la lune est pleine, les étoiles brillent … c’est assez poétique. Même le sommet ne parait pas si loin (haha le piège). Nous sommes tous équipés de lampe frontale (la bonne idée), k-way, polaire, bonnet, et autres multiples couches. On est en Indonesie mais il peut faire (très) froid.

 La première partie de la montée se fait dans des anciennes coulées de lave, et ça glisse. J’applique la technique de « je plante mes ongles dans le sol et je me plaque le plus possible », ça ne marche pas trop mal. Agripper la cheville de la personne devant est une autre stratégie possible. Ensuite, nous arrivons à une partie plus plate depuis laquelle nous apercevons les deux versants : lac et montagne.
La troisième partie est la plus longue et la plus ardue. De là où nous sommes, nous pensons voir le sommet. C’est là le piège, le sommet est bien plus haut et la pente est bien plus pentue que ce que je croyais ! Nous crapahutons sur une dune de cendres (froides promis) sans en voir la fin. Ajouter à cela du vent et la pluie d’un orage … ce n’est que du bonheur ! Heureusement nous sommes tous les quatre, à se soutenir et s’encourager. Une barre de céréales et c’est reparti. (Pas de panique ADI nous suit également).
Deux pas en avant, un pas en arrière, une pause pour respirer, deux pas en avant, un pas en arrière, etc. In- ter –minable ! Et puis soudain, les premières lueurs se font sentir, le vent est glacé mais pas question de fléchir. Dernier effort  pour parcourir les derniers mètres, et c’est bon nous y sommes !!

C’est fou c’est dingue c’est dingo nous l’avons fait 3726 m ! (je ne me suis pas encore assez répétée) 
 Le soleil qui se lève entre les nuages, la lumière qui se montre sur le lac. On se serre dans les bras. Nous ne sommes pas les premiers mais loin d’être les derniers. On se cache dans les sacs de couchage parce qu’il fait vraiment vraiment froid. Séance photo au sommet. C’est beau, d’un coté la mer de l’autre le lac, au loin le volcan de Bali (Mount Agung pour les connaisseurs). Un arc en ciel fait son apparition, et l’ombre du Rinjani se dessine. C’est incroyable et ça vaut toutes les souffrances de la montée :). 

La descente est assez longue mais hautement plus facile que la montée, quoi que ça fait mal aux genoux. Nous motivons les personnes qui montent toujours et que nos mines radieuses doivent décourager. Finalement, il est plus facile de monter de nuit qu'une fois le jour levé.

Arrivée au campement, petit déjeuner et pause rapide, il faut déjà repartir. Il est 8h du matin, la journée commence. Au programme, descente jusqu’au lac,  puis remontée jusqu’au 2eme campement. Le guide nous dit que le chemin est facile … tout est une question de point de vue. Descente à flanc de montagne dans les rochers. Pour nous petits Européens c’est dur, les Indonésiens descendent en courant et en tongs. Nor-mal. Arrivée au lac pour le déjeuner. Des locaux y pêchent des poissons ressemblant à des truites.
 
Nous partons ensuite nous baigner dans des sources d’eau chaude. Petite pause qui fait du bien. Avant de repartir pour la seconde montée de la journée . Nous montons dans la jungle, dans les rochers. La vue se couvre et se dégage au gré des nuages. C’est toujours aussi splendide. Une pause et on continue. Les arbres en travers du chemin et les barrières branlantes ne sont pas suffisants pour nous arrêter.
Arrivée au campement  (différent de la veille) vers 18h. La tente est déjà montée. Quelques étirements et un bon repas plus tard, au dodo. Il est 19h30 ! 




3ème JOUR

Réveil du 3ème jour, le dernier. Vue sur le volcan, et pensée pour ceux qui ont passé la nuit à grimper. Les courbatures sont arrivées et j’ai l’impression d’avoir des jambes en bois. Jusque-là ça va. Les choses se corsent quand on se met en route et que je me rends compte que le fait de plier mes genoux m’est insupportable. J’ai l’impression que mes deux genoux se désaxent à chaque pas, comme une aiguille qui viendrait se planter. C’est horrible. Sauf que nous sommes à 2600 m et que le trek se termine à 600m d’altitude. Gé – nial, on est bien parti ! Hors de question que je ne finisse pas ce trek. J’accepte que mes compagnons de voyage me délestent de mon sac mais pas plus, j’ai ma fierté quand même... Chaque pas est une souffrance, que le sol soit en pente, ou qu’il faille descendre une marche (des lianes, des cailloux, etc ), j’ai mal. 

A plusieurs reprises je pense abandonner, mais mes amis sont là, me suivent, m’encouragent, me donnent la main, font des blagues pour détendre l’atmosphère. Ils ont même essayé de me porter (ma fierté les a empêché). Les gens nous doublent en courant. J’ai l’impression d’être un boulet. C’est psychologiquement et physiquement dur. A la pause déjeuner, un panneau indique l’arrivée dans 1km. La fin n’est plus très loin … ouf ! Je suis sur les rotules (quel jeu de mot) mais je l’ai fait, on l’a tous fait ! 

La fin du weekend s’achève dans un superbe hôtel dans le sud de l’ile autour d’une bonne bière. Je ne peux plus monter ou descendre les escaliers mais c’est fini !






NB 1 : Je remercie vraiment mes amis sans qui je serais sans doute encore là haut !
NB 2 : Après une semaine, plus aucune douleur dans les genoux et les jambes, tout est revenu normal. J’ai même repris la course.

Pour les informations pratiques :
-          Nous sommes passés par John’s adventure, organisation, nourriture, guide – tout était très bien. On attend encore les t – shirts preuve de notre exploit ;)
-          Et nous avons volé avec Garuda Indonesia – agréable découverte, personnel de bord très gentil et ils font parties de skyteam (Air France) 




  
  Textes et photos - Moi. Tous droits réservés Marine se balade.

1 avr. 2015

Bangkok


  
Coucou tout le monde, 

Ce weekend je suis partie à Bangkok voir des amis, un couple d'amis de France en vacances en Thailande et un autre couple qui habite Bangkok depuis presque deux ans. Deux weekends en un, le temps est passé à une vitesse folle, c'est souvent le cas quand on passe un bon séjour :)

Arrivée vendredi soir après deux de retard, j'ai prévu de me lever tôt le lendemain pour me rendre à Ayutthaya toute la journée. C'est après 3 heures de sommeil ( forcément quand on retrouve des amis, on a plein de choses à leurs raconter et il faut le faire tout de suite tout de suite) que je rejoins L. et son copain pour prendre le bus direction Ayutthaya. 

 Une heure plus tard, le chauffeur nous indique que nous sommes arrivés à destination. Il nous dépose sur le bord de la route sans autre explication. Moi qui pensais arriver au milieu de la campagne thaïlandaise, avec des temples un peu partout ; me voilà en ville, au bord d'une autoroute, aucune ruine à l'horizon. Heureusement la ville n'est pas très grande et nous trouvons rapidement un hôtel qui propose de louer des vélos à la journée. Il est 10h du matin, nous nous sommes tous levés aux aurores et il commence à faire chaud. 

Les temples sont pour la plupart regroupés dans un espace près du centre-ville et il est possible d'aller d’un temple à l’autre en faisant du vélo. Pour la petite histoire, Ayutthaya fut fondée au XIIème et fut la capitale du Royaume de Siam pendant 400 ans. Elle fut considérée comme l'une des capitales les plus puissantes d'Asie du Sud Est avant que les Birmans ne la mettent à sac en 1569 et la détruisirent en 1767. Les temples ressemblent énormément aux temples de Bagan, tout en brique rouge, et pour la plupart des stupas. On sent également l’influence Cambodgienne avec les temples en forme de pyramide tronquée à plusieurs degrés. 




Il fait une chaleur monstrueuse, je pensais m'être un peu acclimatée avec Singapour mais je dois avouer que l'air est suffoquant et que la fatigue n'aide pas. C'est à dire qu'après trois coups de pédales, nous sommes tous en sueur à chercher de l'ombre et une petite brise (inexistante). Je suis prête à me verser ma bouteille d'eau sur la tête, mais je crois que ça ne se fait pas trop... dommage !
Nous faisons une pause goûter avant de rentrer : dégustation de « mango with sticky rice » (riz gluant avec des morceaux de mangue fraiche sur lequel on verse du lait de coco) et de petits gâteaux à la coco tout juste cuits. Un délice ! 



Le lendemain, balade dans les rues de Bangkok. Ville changeante où l’on passe sans transition d’une petite rue calme à une 2 x 2 voies, d’un temple Hindous à des immeubles ultra – modernes ; où s’enchainent pêle - mêle vendeurs de fleurs, boutiques de bijoux et pierres précieuses, et vendeurs à la sauvette. 


Il est déjà l’heure pour moi de reprendre l’avion.







  Textes et photos - Moi. Tous droits réservés Marine se balade.