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8 mai 2015

Les Gilis




Weekend du 1er mai sur Gili Trawangan

Je pourrais commencer par dire Les Gilis c'est joli ou tout autre qualificatif chouette, mais l'ambiance a plutôt été les Gilis, c'est la galère !

Tout commence par deux copines qui viennent me rendre visite à Singapour, jusque-là ça va. Nous décidons de partir lors du weekend du 1er mai en Indonésie. Plus exactement sur les îles Gilis (prononcer gui –li ) au Nord de Lombok.

Pour y aller ce n'est pas direct, il faut prendre un avion jusqu'à Bali, puis un ferry jusqu'aux Gilis. Il est aussi possible de passer par Lombok mais nous avons pris la première option.
Nous avons choisi de partir sur Gili Trawangan (Gili T.), les deux autres îles sont Gili Meno et Gili Air. Gili T. est la plus grande et la plus touristique des trois îles. Mais quand je dis "touristique" c'est - à - dire que l’île n'est pas préservée ou peu. Il y a des hôtels (surtout pour faire de la plongée) tout autour de l’île, des bars les uns à la suite des autres, des hordes d'Australiens venus faire la fête. Même la tranquillité sur la plage est limitée, les bateaux viennent s'amarrer sur le sable ; bref, pas forcément évident de trouver un petit coin tranquille pour poser sa serviette.
Dans le descriptif, elles avaient pourtant tout pour plaire les îles Gilis : trois petites îles, bordées de sable blanc et d'une eau bleue turquoise, possibilité de nager avec des tortues. J'étais vraiment très impatiente de partir !

Premier après-midi, nous faisons le tour de Gili T. ( un peu moins de 10 kms de circonférence). Il ne fait pas très beau, alors autant en profiter pour visiter un peu. En fin d'après-midi, des trombes d'eau s'abattent sur nous. Avant de nous réfugier dans un café, nous avons le temps de voir des locaux tenant un python de 5/6m sur la plage. Apparemment la bête a été emportée par les pluies torrentielles qui s'abattent sur Lombok (qui n'est pas loin) et le courant fait le reste du travail. En tout cas c'est impressionnant ! Ils sont une demi-douzaine à le tenir. Un Indonésien nous apprend que le python est ensuite ramené sur Lombok et relâché dans la jungle. Chouette rencontre !

Première nuit que je passe à me gratter, à me lever mettre de l'anti-moustique et à continuer à me gratter. Je me réveille les épaules couvertes de piqûres ! Il est difficile de croire qu'un moustique a fait le travail tout seul. Apres inspection du lit et multiples recherches sur internet (merci le wifi), ce sont des bedbugs. Ni une ni deux nous voilà parties à la recherche d'un autre hôtel. Nous avons fait quatre hôtels avant d'en trouver un convenable. Un full, deux avec des traces de sang sur les draps (signe d'une population de bedbugs), et le 4ème cher mais propre.  Le propriétaire nous expliquera le soir même que s'il avait su plus tôt que nous venions à cause d'un problème de bedbugs il ne nous aurait pas acceptées. Sympathiques petites bêtes ...
Je ne vais pas mettre de photo de l'étendue des dégâts de nos piqûres. Mais nous avons été deux sur trois couvertes de piqûres (plus d'une centaine chacune) sur les épaules, les coudes, les bras, avant - bras, jambes. Je ne souhaite à personne d'être piqué de la sorte. Ce sont des  piqûres qui démangent en permanence et c'est très éprouvant. Anti - histaminique, crème à la cortisone, anti - inflammatoire nous avons tout pris.

Voilà pour la partie non réjouissante de notre weekend.
Pour le coté plus sympathique (oui oui promis il y en a un).

Nous avons loué un bateau pour nous toutes seules (louer un bateau avec 35 autres personnes nous tentait que très peu et on nous a dit que c’était l’enfer). Notre capitaine nous a emmené sur des spots de snorkeling (masque tuba) où nous étions toutes seules, nous avons vu des tortues. Je peux même dire que j'ai nagé et touché une tortue, et ça, ça n'a pas de prix.
Nous sommes allées visiter Gili Meno, qui n'abrite que quelques hôtels éloignés les uns des autres (tranquillité). Nous avons pu nous poser sur une plage sans personne pour nous embêter. Nous avons même dû traverser un marécage à pieds (sinon ça n’aurait pas été drôle) pour rejoindre le bateau à l'heure (après le python je n'étais pas très à l'aise). Une île plus sauvage et tranquille.

Tous les soirs (sur Gili T.), il y a un marché local où il est possible de dîner. Plusieurs stands proposent du poisson grillé (le barracuda est un délice) pour un prix défiant toute concurrence. C'est là que nous avons dîné la plupart du temps. Avec une énorme crêpe banane nutella en dessert (oui, le nutella est un produit international – hehe). 

Le snorkeling (nager et regarder les fonds avec un masque et tuba) est très chouette. Il y a des tortues qui viennent se nourrir tout près de la côte et qui n’ont pas du tout peur des humains. Je suis même allée toucher une carapace pour savoir comment c’était, et bien c’est dur mais doux. Le sable est blanc et les coraux sont au rendez-vous, l’eau est translucide. Cela ressemble tout de même pas mal au paradis, non ?
Il y a même un centre de conservation des tortues sur Gili T. Un Indonésien achète des œufs (ce qu’il m’a dit), les enfouit dans le sable jusqu’à ce qu’ils éclosent. Puis il garde les tortues pendant un an avant de les relâcher dans la mer. Il est possible de voir des tortues veilles de quelques semaines à un mois. Le comble du ravissement :) Interdiction de les toucher … j’étais prête à les mettre dans ma valise pourtant. 

Après ces 4 jours riches en émotion, j’étais bien contente de retrouver un Singapour plus tranquille. J’espère que mes photos vous plairont.

NB 1 : après 5 jours les piqûres ont totalement ou presque disparu mais les dernières restantes grattent toujours (coriace)

NB 2 : Les piqûres de bedbugs peuvent apparaître entre quelques heures et plusieurs jours après s'être fait piquer (miam). Pour s'en débarrasser : mettre ses habits au congélateur pendant plusieurs heures, laver ses habits à 60 degrés pendant 1h30 ou les nettoyer à la vapeur (une des trois solutions suffit normalement, j'ai pris la première). Des traces de sang sur le lit sont en général le signe d'habitants dans le matelas.

Pour les infos pratiques :

- Trajet en ferry entre Bali et les Gilis : Gili Getaway - service impeccable, wifi et possibilité de visionner un film, équipage organisé et efficace, capitaine au top. Avec le sourire en prime
- Hôtel sur Gili T. : AAlikuBungalows - un peu cher, mais chambre nickel, petit déjeuner gargantuesque et propriétaire Hollandais (pour le coté rassurant)


 

  Textes et photos - Moi. Tous droits réservés Marine se balade.

15 avr. 2015

Le Rinjani





 3 jours de trek au Rinjani - weekend de Paques 2015

Je n'avais pas vraiment réalisé que le weekend dernier c'était déjà Paques, et que j'aurais pu rester calmement à chercher des poules en chocolat sur ma terrasse ... non, au lieu de cela je suis partie faire 3 jours de trek en Indonésie. Et je dois dire que je ne le regrette pas, mes genoux peut être un peu :) 

Avec trois amis nous avons décidé d’aller faire l’ascension du Mont Rinjani. C’est un volcan  situé sur l’ile de Lombok (à l’est de Bali – j’espère ne pas vous avoir déjà perdu), qui fait partie des 150 volcans d’Indonésie et dont la dernière éruption remonte à 2004. Son sommet culmine à 3726m. Cette dernière information a de l’importance, car monter / descendre, c’est ce que nous avons fait tout le weekend !!

Départ de Singapour le jeudi après-midi, nous avons pris un premier avion jusqu’à Jakarta, puis un avion jusqu’à Lombok, pour finir avec deux heures de route jusqu’à notre hôtel. Arrivée vers minuit, pour un réveil à 6h … j’ai déjà fait mieux en termes de nuit reposante. Mais j’étais tellement contente de pouvoir faire ce trek que cela n’était finalement pas grave. 

1er JOUR 

Réveil à l’aube, nous faisons la connaissance de notre guide, ADI. Nous avons aussi 4 porteurs à notre disposition. Ils prennent avec eux toute la nourriture et le matériel nécessaires pour les trois jours de trek.
Apres nous être enregistrés au « Rinjani trek center », l’ascension peut commencer. La matinée, nous marchons au soleil sur un terrain relativement plat. Il fait chaud mais rien de difficile. Pause déjeuner. Puis nous repartons, le terrain devient plus pentu et il faut faire plus de pauses. Nous nous enfonçons dans la jungle et dans les nuages, ce qui permet de profiter d’un peu d’air frais … voire même de devoir sortir les k-ways. C’est agréable ! 

Si cela peut vous rassurer, nous ne sommes pas seuls perdus dans la jungle au milieu de l’Indonésie. Il y  a au moins une centaine d’autres touristes avec nous, et autant de guides et de porteurs. L’ambiance est plutôt bonne enfant, tout le monde s’encourage. 

Le campement pour le soir est à 2600 m (et des brouettes) d’altitude, tout le monde dort au même endroit. C’est très drôle de voir tout cet alignement de tentes, toujours plus nombreuses au fur et à mesure que la nuit approche. Nous sommes littéralement la tête dans les nuages.
Premier soir extinction des feux à 20h.




2ème JOUR

La deuxième journée commence à 2h du matin (oui oui en pleine nuit) pour l’ascension finale du Rinjani. Le sommet est à 3726m, et il faut « essayer » de l’atteindre avant le lever du Soleil. La nuit est calme, la lune est pleine, les étoiles brillent … c’est assez poétique. Même le sommet ne parait pas si loin (haha le piège). Nous sommes tous équipés de lampe frontale (la bonne idée), k-way, polaire, bonnet, et autres multiples couches. On est en Indonesie mais il peut faire (très) froid.

 La première partie de la montée se fait dans des anciennes coulées de lave, et ça glisse. J’applique la technique de « je plante mes ongles dans le sol et je me plaque le plus possible », ça ne marche pas trop mal. Agripper la cheville de la personne devant est une autre stratégie possible. Ensuite, nous arrivons à une partie plus plate depuis laquelle nous apercevons les deux versants : lac et montagne.
La troisième partie est la plus longue et la plus ardue. De là où nous sommes, nous pensons voir le sommet. C’est là le piège, le sommet est bien plus haut et la pente est bien plus pentue que ce que je croyais ! Nous crapahutons sur une dune de cendres (froides promis) sans en voir la fin. Ajouter à cela du vent et la pluie d’un orage … ce n’est que du bonheur ! Heureusement nous sommes tous les quatre, à se soutenir et s’encourager. Une barre de céréales et c’est reparti. (Pas de panique ADI nous suit également).
Deux pas en avant, un pas en arrière, une pause pour respirer, deux pas en avant, un pas en arrière, etc. In- ter –minable ! Et puis soudain, les premières lueurs se font sentir, le vent est glacé mais pas question de fléchir. Dernier effort  pour parcourir les derniers mètres, et c’est bon nous y sommes !!

C’est fou c’est dingue c’est dingo nous l’avons fait 3726 m ! (je ne me suis pas encore assez répétée) 
 Le soleil qui se lève entre les nuages, la lumière qui se montre sur le lac. On se serre dans les bras. Nous ne sommes pas les premiers mais loin d’être les derniers. On se cache dans les sacs de couchage parce qu’il fait vraiment vraiment froid. Séance photo au sommet. C’est beau, d’un coté la mer de l’autre le lac, au loin le volcan de Bali (Mount Agung pour les connaisseurs). Un arc en ciel fait son apparition, et l’ombre du Rinjani se dessine. C’est incroyable et ça vaut toutes les souffrances de la montée :). 

La descente est assez longue mais hautement plus facile que la montée, quoi que ça fait mal aux genoux. Nous motivons les personnes qui montent toujours et que nos mines radieuses doivent décourager. Finalement, il est plus facile de monter de nuit qu'une fois le jour levé.

Arrivée au campement, petit déjeuner et pause rapide, il faut déjà repartir. Il est 8h du matin, la journée commence. Au programme, descente jusqu’au lac,  puis remontée jusqu’au 2eme campement. Le guide nous dit que le chemin est facile … tout est une question de point de vue. Descente à flanc de montagne dans les rochers. Pour nous petits Européens c’est dur, les Indonésiens descendent en courant et en tongs. Nor-mal. Arrivée au lac pour le déjeuner. Des locaux y pêchent des poissons ressemblant à des truites.
 
Nous partons ensuite nous baigner dans des sources d’eau chaude. Petite pause qui fait du bien. Avant de repartir pour la seconde montée de la journée . Nous montons dans la jungle, dans les rochers. La vue se couvre et se dégage au gré des nuages. C’est toujours aussi splendide. Une pause et on continue. Les arbres en travers du chemin et les barrières branlantes ne sont pas suffisants pour nous arrêter.
Arrivée au campement  (différent de la veille) vers 18h. La tente est déjà montée. Quelques étirements et un bon repas plus tard, au dodo. Il est 19h30 ! 




3ème JOUR

Réveil du 3ème jour, le dernier. Vue sur le volcan, et pensée pour ceux qui ont passé la nuit à grimper. Les courbatures sont arrivées et j’ai l’impression d’avoir des jambes en bois. Jusque-là ça va. Les choses se corsent quand on se met en route et que je me rends compte que le fait de plier mes genoux m’est insupportable. J’ai l’impression que mes deux genoux se désaxent à chaque pas, comme une aiguille qui viendrait se planter. C’est horrible. Sauf que nous sommes à 2600 m et que le trek se termine à 600m d’altitude. Gé – nial, on est bien parti ! Hors de question que je ne finisse pas ce trek. J’accepte que mes compagnons de voyage me délestent de mon sac mais pas plus, j’ai ma fierté quand même... Chaque pas est une souffrance, que le sol soit en pente, ou qu’il faille descendre une marche (des lianes, des cailloux, etc ), j’ai mal. 

A plusieurs reprises je pense abandonner, mais mes amis sont là, me suivent, m’encouragent, me donnent la main, font des blagues pour détendre l’atmosphère. Ils ont même essayé de me porter (ma fierté les a empêché). Les gens nous doublent en courant. J’ai l’impression d’être un boulet. C’est psychologiquement et physiquement dur. A la pause déjeuner, un panneau indique l’arrivée dans 1km. La fin n’est plus très loin … ouf ! Je suis sur les rotules (quel jeu de mot) mais je l’ai fait, on l’a tous fait ! 

La fin du weekend s’achève dans un superbe hôtel dans le sud de l’ile autour d’une bonne bière. Je ne peux plus monter ou descendre les escaliers mais c’est fini !






NB 1 : Je remercie vraiment mes amis sans qui je serais sans doute encore là haut !
NB 2 : Après une semaine, plus aucune douleur dans les genoux et les jambes, tout est revenu normal. J’ai même repris la course.

Pour les informations pratiques :
-          Nous sommes passés par John’s adventure, organisation, nourriture, guide – tout était très bien. On attend encore les t – shirts preuve de notre exploit ;)
-          Et nous avons volé avec Garuda Indonesia – agréable découverte, personnel de bord très gentil et ils font parties de skyteam (Air France) 




  
  Textes et photos - Moi. Tous droits réservés Marine se balade.